Il y a seulement quelques décennies, les petits édifices du quotidien — abreuvoirs, puits, porches, bornes ou chapelles rurales — étaient rarement inclus dans les guides ou les “déroulés” officiels des circuits patrimoniaux. Le patrimoine se concentrait alors sur les châteaux, les églises majeures ou les monuments classés — visibles, imposants et consensuels. Pourtant, ces petites structures racontent une autre histoire : celle du quotidien, de la sociabilité locale, mais aussi des savoir-faire traditionnels (maçonnerie, ferronnerie, charpenterie…), du rapport entre l’homme et son environnement.
Le tournant est amorcé dans les années 1980 avec la montée d’un intérêt pour l’“ethnopatrimoine”, consacrant l’histoire rurale, les objets et architectures vernaculaires. Depuis, difficile de concevoir les balades patrimoniales sans ces éléments d’ancrage local ! À Frontenay-Rohan-Rohan, le circuit des lavoirs, élaboré par la municipalité en 2016, est un bel exemple : il attire en moyenne 900 visiteurs par an (source : Office de tourisme du Niortais et du Marais poitevin, rapport d’activité 2022), bien au-delà des seuls habitants.